P06. « L’inclusion », un autre rapport entre l’État social et ses usagers?

Congrès de la Société québécoise de science politique 2019

P06. « L’inclusion », un autre rapport entre l’État social et ses usagers?

Responsables : Thomas Douniès, CURAPP-ESS – UPJV/CRESPPA-CSU – Paris 8-Nanterre (thomas.dounies@gmail.com), Fabien Desage, CERAPS – Université de Lille et Clara Deville, CURAPP-ESS – Université de Picardie Jules Verne

24 mai 2019 de 14h00-15h30 @ C-5132

Description du panel :

Dans un phénomène particulièrement visible en France et au Québec, l’« inclusion » est de plus en plus mobilisée en tant que qualificatif et principe de fonctionnement des politiques publiques. Utilisée depuis de nombreuses années au Québec, notamment dans les politiques migratoires (Labelle, Salée, 1999) ou scolaires (CSE, 2017), elle émerge progressivement en France dans les politiques du logement (Desage, 2017), du handicap (Baudot et ali., 2013) ou encore d’éducation (Ebersold, 2017). Elle est même avancée comme vecteur de modernisation des services publics (Hirrien, 2016).

L’inclusion est affichée comme une politique de traitement à la fois égalitaire et différenciée, reposant sur l’autonomie des citoyens (Toye, Infanti, 2004 ; Tuot, 2013). Alternative à « l’intégration », elle est le signe d’une redéfinition du rapport de l’État aux usagers. Elle se caractérise cependant par une forte plasticité. En effet, au-delà définition globale, le sens et les conditions d’opérationnalisation de l’inclusion varient en fonction des secteurs d’intervention et des contextes nationaux. Afin d’en préciser l’analyse, ce panel vise à interroger les conditions d’émergence du paradigme inclusif dans l’action publique et sa transposition pratique, en partant de l’hypothèse que cela éclairera les renouvellements de l’action publique et la (re)définition du lien entre les dispositifs publics et leurs destinataires.

Ce panel propose ainsi d’analyser l’inclusion à l’aune de l’État en action. À partir du cas des politiques de luttes contre la pauvreté, d’éducation et du handicap, il repose sur des analyses diversifiées qui donnent à voir les conditions d’émergence de cette catégorie d’intervention, ses effets au concret et ses usages de la part des street-level bureaucrats. Les conditions de sa mise en œuvre éclairent in fine l’(in)opérationnalité du modèle inclusif, ce dernier pouvant susciter à la fois adhésion, résistance ou indifférence.