A03. Les politiques de « lutte contre les inégalités » en contexte de « crise » des finances publiques

Congrès de la Société québécoise de science politique 2019

A03. Les politiques de « lutte contre les inégalités » en contexte de « crise » des finances publiques

Responsables: Simon Tremblay-Pépin, Université Saint-Paul (stremblay@ustpaul.ca), Mohamed Djouldem, Université Paul Valéry (mohamed.djouldem@univ-montp3.fr) et Virginie Anquetin, Université Paul Valéry (virginie.anquetin@univ-montp3.fr)

22 mai 2019 de 11h15-15h30 @ C-6143

Description de l’atelier: 

Des travaux récents de sciences sociales francophones consacrés à des grandeurs telles que « la dette », « le déficit », « la dépense », ou aux formats techniques tels que « la comptabilité » ou « le budget », ont permis de dénaturaliser les justifications « techniques » ou « économiques » des acteurs concernés en explicitant les logiques sociales et politiques de leurs interventions auprès ou au sein des administrations d’Etat et dans l’espace public. Ces recherches invitent à une analyse décloisonnée de l’activité des institutions publiques, en montrant que la production de tableaux de bord, d’indicateurs ou de ratios peut s’avérer constituer un acte de communication politique, ou réciproquement, que des modalités de gestion des finances publiques adoptées dans un but d’accroissement de la puissance de l’Etat s’avèrent avoir une incidence profonde et inattendue sur son action et ses priorités.

Nous souhaiterions inscrire cet atelier dans le prolongement de ces approches en examinant les luttes institutionnelles qui se déroulent au nom de la « rationalisation budgétaire », de la « crise des finances publiques » ou de « l’austérité » dans les institutions dont l’activité a un impact au niveau local, et qui tendent à placer sous tension les politiques de redistribution par la fiscalité et par les dépenses sociales, les administrations qui les organisent et les groupes qui en bénéficient – entraînant une redéfinition des frontières du légal et de l’illégal.

Trois axes de questionnement seront privilégiés :

  • Axe 1 – Le développement des bureaucraties financières et l’évolution du rôle des argentiers des administrations. Comment interviennent les agents budgétaires, comptables et financiers à l’intérieur des collectivités locales ou de leurs organisations auxiliaires, des ministères ou d’organisations supranationales? Comment s’établissent les rapports de force entre services « financiers » et « dépensiers » ? Quels rapports entretiennent juristes et argentiers pour la définition de critères d’éligibilité à des prestations ? Cet axe permettra également d’examiner comment les acteurs engagés dans ces luttes d’institutions forment leurs diagnostics sur les « besoins de dépense » ou au contraire ceux de « restriction ».

  • Axe 2 – La dimension polémique publique des luttes institutionnelles à travers les mobilisations et controverses autour de la « lutte contre les inégalités », « l’austérité budgétaire » ou « l’assistanat ». Quels discours, « techniques » ou « politiques », sont diffusés et quels experts mobilisés publiquement par des acteurs administratifs ou politiques pour justifier la réduction de certaines politiques de redistribution ? Certains segments de l’administration sont-ils susceptibles de s’appuyer sur des mobilisations dans l’espace public, pour construire des rapports de force avec d’autres segments de l’administration ? Comment les administrations publiques travaillent-elles également à démobiliser ?

  • Axe 3 – Le contrôle et les contrôleurs des politiques d’action financière. Cet axe invite à la présentation d’enquêtes portant sur l’identification des « experts » qui sont en position d’établir si les gouvernements mènent ou non des politiques « budgétairement conformes », ainsi que sur les acteurs gouvernementaux impliqués dans ces évaluations.