Panel A14.5: Les frontières poreuses de l’engagement

Congrès de la Société québécoise de science politique 2019

Panel A14.5: Les frontières poreuses de l’engagement

Discutantes : Aude Lejeune, Ceraps, Université de Lille et Françoise Montambeault, CPDS, Université de Montréal

Trois hypothèses peuvent être proposées concernant l’articulation entre les formes de participation politique formelle et informelle. Une première hypothèse postule que les deux modes d’action seraient concurrents : le fait d’investir du temps quotidiennement dans un mode de vie éthique limiterait l’engagement dans d’autres formes de participation. L’action informelle prendrait alors la place de la participation plus conventionnelle. La deuxième hypothèse laisse entendre que les liens entre la participation formelle et les groupes plus conventionnels seraient latents, c’est-à-dire que les personnes qui pratiquent des actions collectives individuelles constitueraient un réservoir de militants qu’il s’agirait d’activer lorsque certaines fenêtres d’opportunité s’ouvrent. C’est la thèse de « l’incubateur », selon laquelle les mouvements plus informels agissent comme des espaces de socialisation et d’information, alimentés par les médias sociaux, susceptibles d’être activés. La troisième hypothèse avance que les actions individuelles collectives constituent des actions de retrait, quand le contexte politique est peu ouvert aux activités de protestation. La participation informelle incarnerait alors un engagement infra-politique, quand les modes plus frontaux et oppositionnels de contestation sont bouchés ou trop risqués.

Au total, ces différentes hypothèses posent la question de savoir si l’engagement dans des mouvements plus fluides se fait à la place, en attendant ou en refusant de s’engager dans des activités protestataires traditionnelles. A travers l’étude approfondie de mouvements sociaux et/ou de trajectoires militantes, ce panel se penchera sur la question des frontières entre différentes formes d’engagement plus ou moins formalisées, et sur les manières d’observer ces échanges.

23 mai 2019 de 16h00-17h30 @ C-4145

  • Ève-Laurence Hébert, CPDS, Université de Montréal: La participation sur la scène musicale : un tremplin pour l’engagement féministe
  • Moutaa Amine El Waer, CPDS, Université de Montréal: Résistances et absence d’action collective. Pré-enquête dans un milieu de travail précaire à Montréal
  • Karel Yon, Ceraps, Université de Lille: Les recompositions de l’engagement sur le temps long : retour sur une enquête portant sur les militantes et militants des années 68 en France
  • Cécile Talbot, Ceraps, Université de Lille : « Nous ne sommes pas des militantes ». Les contours flous de l’engagement pour l’égalité femmes-hommes dans les métiers artistiques