A12. Nations, nationalismes et diversité à l’ère des sociétés complexes

Congrès de la Société québécoise de science politique 2019

A12. Nations, nationalismes et diversité à l’ère des sociétés complexes

Responsable : Jérémy Elmerich, UQAM (elmerich.jeremy@courrier.uqam.ca)

24 mai 2019 de 9h30-12h45 @ C-5132

Description de l’atelier :

Surgis de la modernité, les nations et nationalismes ont peu à peu façonné le monde dans lequel nous vivons. Dans son ouvrage La création des identités nationales, Anne-Marie Thiesse (1999) ne disait pas autre chose, allant même jusqu’à parler d’un « paradigme national » s’étant internationalisé.

Aux premiers moments de ses déploiements, la conscience nationale puis le nationalisme se sont d’abord répandus de l’élite proche du pouvoir vers les premiers récipiendaires du statut de citoyen. À mesure que le corps des citoyens s’étendait et surmontait progressivement les cens qui bornaient sa première composition, les acteurs politiques se trouvaient aux prises avec l’enjeu de sa redéfinition, de la mobilisation de ses composantes, et de l’inclusion des nouveaux titulaires de droits civiques aux grands récits de l’époque. Et tandis que l’État moderne construisait son propre itinéraire sous la norme de l’État-nation – mononational par principe – les nationalismes majoritaires (Gagnon, 2007) qui visaient à l’édifier tant que ceux qui concouraient à la subsistance des nations subétatiques ou à leur accession à l’indépendance confrontaient leurs grands récits.

Les exemples de femmes s’étant engagées de part et d’autre pour la subsistance et l’unité de l’État-nation, ou bien pour l’accession de nations minoritaires à l’indépendance ne manquent pas : Golda Meir en Israël et Margaret Thatcher au Royaume-Uni sont des premières, Pauline Marois au Québec et Nicola Sturgeon en Écosse sont des secondes, pour n’évoquer que quelques notables figures. Leur mobilisation a de loin dépassé la direction de partis politiques et l’exercice du pouvoir qui ne constitue que la partie la plus visible de leur contribution. Si l’on pense au cas québécois, la Fédération des femmes du Québec a joué un rôle considérable lors de la campagne de 1980 et dans la réflexion quant à l’articulation du nationalisme québécois avec la cause des femmes, et c’est Françoise David, ancienne présidente de la FFQ qui a fondé Option citoyenne, qui devait fusionner avec l’Union des forces progressistes pour former un nouveau parti faisant la promotion de l’indépendance.

C’est par l’examen de la question de l’inclusion et de l’exclusion des femmes et de ses modalités tant structurelles que discursives que seront pensées les évolutions des contours des nations et nationalismes au fil du temps. Ce premier atelier enjoindra à penser le rapport entre femmes, nations et nationalismes sous toutes ses modalités et tous ses clivages : majoritaire/minoritaire, droite/gauche, libéral/illibéral, laïque/religieux, etc. Il donnera également la part belle à des réflexions promettant une dimension comparatiste.