A09. Les limites de l’action collective

Congrès de la Société québécoise de science politique 2019

A09. Les limites de l’action collective

Responsables : Joelle Dussault, UQAM (dussault.joelle@courrier.uqam.ca) et Luc Chicoine, UQAM (chicoine.luc@courrier.uqam.ca)

23 mai 2019 de 9h30-17h30 @ C-2059

Description de l’atelier:

L’action collective, comme moyens d’action intentionnels de revendication par un groupe organisé (Neveu, 2013) est la notion mobilisée dans ce cadre-ci comme fait politique immanent des inégalités sociales dans l’objectif de déconstruction des rapports de dominations et de leurs effets. Or, ces actions collectives, nécessairement inscrites dans le conflit, sont confrontées à de nombreuses résistances qui les freinent.

Les contraintes les plus visibles sont situées à l’extérieur des milieux militants eux-mêmes. Ces dernières s’inscrivent dans des rapports de pouvoir, notamment avec l’État qui s’arroge du monopole de la légitimité politique via sa gestion de la violence. Or, si les théories dominantes de l’étude des mouvements sociaux s’intéressent à ces dynamiques à titre de variables indépendantes, cela n’empêche pas plusieurs chercheur-es d’étudier directement ces forces afin de comprendre plus finement les ressorts qui les influencent. Cet objet d’étude crée certains inconforts : théoriques évidemment mais aussi empathiques puisqu’il devient nécessaire pour le ou la chercheure de se rapprocher d’acteurs et actrices en charge d’appliquer des mesures reproduisant des rapports de domination.

En plus de ces éléments exogènes aux mouvements, différents freins endogènes peuvent limiter l’action collective. Puisque les milieux militants reproduisent malgré eux les rapports de domination présents dans la société, de plus en plus de mobilisations internes aux groupes s’organisent afin de les déconstruire, insistant notamment par leur mise en visibilité. Ainsi, L’analyse des dynamiques interne des groupes d’action collective devient incontournable afin de théoriser adéquatement leurs capacités d’action.

L’atelier présenté vise à documenter les différentes formes de limites à l’action collective, leurs effets possibles et les moyens que prennent les groupes militants pour y faire face. Les limites sont ici prises comme des formes relevant des rapports de domination visant à «prévenir, contrôler ou contraindre l’action collective» (Earl, 2011). La mise en application des différentes formes de répression et de limitation que subissent les groupes qui se mettent en action sont à la fois faites par des agents répressifs de l’État, des agents privés, des groupes volontairement opposés à certaines mobilisations collectives, mais aussi relevant de la reproduction de rapports de pouvoirs au sein des groupes militants.