Alter-résistances en Palestine: une politique de l’agir citoyen

Conférence inaugurale de Stéphanie Latte Abdallah, Chargée de recherche (CNRS, CERI-Sciences-Po Paris)
22 mai 2019 @ 16h00
Université de Montréal
Pavillon Lionel-Groulx, Local C-3061

Résumé : Depuis la fin de la seconde Intifada, en Palestine, l’action militante se localise. Des engagements citoyens dans une économie locale alternative ont succédé dans l’ensemble des territoires occupés aux mobilisations villageoises de la résistance populaire qui visent à défendre en Cisjordanie les mêmes droits que les Israéliens aux ressources, à cultiver la terre, à la mobilité, etc. Autour de l’idée d’économie de la résistance, ils défendent le renforcement d’une économie juste, respectueuse de l’environnement, basée sur les ressources naturelles, des matières premières, des produits et des savoir-faire locaux et des pratiques globales novatrices. Ces engagements émergents ont parfois été décrits comme une « Intifada verte ». Ils sont portés par des producteur·trice·s, des entrepreneur·e·s et des intellectuel·le·s et se sont connectés au mouvement politique de boycott des produits israéliens BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions). Ils déplacent radicalement le paradigme contestataire car ils n’adressent pas principalement leurs revendications aux acteurs politiques institutionnels. Ils se situent d’abord dans l’action citoyenne et entrepreneuriale deçà des structures politiques existantes, qu’ils interpellent peu, pour se centrer sur le rétablissement de formes de souveraineté localisées. Ces mobilisations élaborent un nouveau rapport à la citoyenneté dans un contexte non-étatique d’occupation coloniale: une citoyenneté en actes, horizontale, exercée entre pairs. Ces engagements ne sont pas seulement sociaux, ils construisent de nouvelles subjectivités et mettent en jeu des valeurs, des affects et une éthique de vie. Ils entendent refaire société et sont pour certains une nouvelle voie politique.

Inner Mapping: Projection-débat

Discussion avec la réalisatrice Stéphanie Latte Abdallah (CNRS) et Vincent Romani (UQAM)

23 mai @15h30 au local C-1017-2
Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx

Production: Emad Ahmad-Studio 5 Audio Visual Production / CNRS Images (Palestine/France)
Réalisation: Stéphanie Latte Abdallah et Eemad Ahmad.

Inner Mapping expérimente les limites territoriales de l’occupation israélienne en Cisjordanie. Selon qui vous êtes, la voiture que vous conduisez, vos circulations sont distinctes, parallèles. Le pays devient le réseau de routes, de chemins que vous pouvez empruntez. Le guide de ce drôle de road movie, le GPS palestinien, est concret, technologique, graphique. Banal, global, il est acculé par un contexte d’exception. Rouler avec le GPS, c’est vivre une carte absurde. Chacun de nous, de ceux que nous rencontrons, portent leur propre frontière. Nous regardons le dedans avec la caméra du chef opérateur, mais aussi, en continu, le dehors avec trois caméras Go Pros installées sur la voiture. Avec ce dispositif, nous filmons la cassure entre le territoire d’une continuité perdue, celui d’une Palestine rêvée et politique, et la Palestine du quotidien : la Cisjordanie des déplacements possibles, du GPS, coupée en deux cartes, israélienne et palestinienne.

événements spéciaux

égalité/illégalité : un couple en science politique ?

57e congrès annuel de la société québécoise de science politique

Les inégalités socio-économiques ont été au cœur de la construction des théories en science politique dans les années 1970 et 1980 (néo-marxisme, économie politique, mais aussi dimension symbolique des rapports de domination). Celles-ci ont eu des prolongements très féconds dans plusieurs sous-champs de la discipline. Par exemple, en politique comparée plusieurs traditions de recherche se sont inscrites dans cette lignée pour proposer une analyse des États-providence, des révolutions et des changements de régimes politiques. En relations internationales, plusieurs théories ont mis de l’avant les relations dissymétriques entre le centre du système international et la périphérie. Les perspectives féministes en science politique ont également insisté sur la question de l’égalité de sexe/genres, proposant une lecture des inégalités statutaires et des dénis de reconnaissance, tout comme les perspectives post/dé-coloniales qui mettent en lumière différents processus de marginalisation. En sociologie politique, les conditions matérielles de l’action font toujours partie des facteurs explicatifs des comportements individuels et collectifs. Au final, l’inégalité n’est plus seulement comprise comme un écart de positions dans un système de production économique (national ou mondial), mais aussi comme un écart de situations dans un système de représentations et donc, de classification ou de typification (catégories de genres, catégories ethniques, catégories du national, de l’étranger, du réfugié, de l’émigrant/immigrant). La question de l’égalité et des effets délétères des inégalités économiques, mais aussi politiques, est ainsi revenue au cœur des préoccupations des politologues.

Parallèlement, et c’est sans doute une spécificité contemporaine, l’illégalité, nationale et internationale, refait surface dans les débats, en se couplant à celle d’égalité. Ce couple se forme clairement autour des questions de migrations, de demandes d’asile et de refuge, bien sûr, mais aussi de la pluralité ethnoculturelle et religieuse ou encore des actions de désobéissance civile, collectives ou citoyennes, déclarées illégales dans les discours et les pratiques. Dans tous les cas, les normes, lois et manières de faire des États et des organisations internationales sont questionnées, mettant en tension l’illégalité avec l’idée d’égalité : état d’urgence, fermetures des frontières, actions répressives versus devoir d’accueil et respect des fonctionnements antérieures (que ce soit les règles de la démocratie libérale ou le respect des traités internationaux) ou tentatives d’adoption de politiques correctives des inégalités et des situations d’illégalité. Les comportements individuels et collectifs aussi sont au centre de ces questionnements, mettant en tension ce couple égalité/illégalité, et se traduisant notamment par une reconfiguration des clivages politiques et des forces politiques qui les soutiennent.

Pour cette édition 2019 du Congrès annuel de la Société québécoise de science politique, nous vous proposons de mettre en relation le couple égalité/illégalité, qui se situe au cœur des situations politiques contemporaines, en réfléchissant notamment aux innovations théoriques et méthodologiques, nécessaires ou existantes, utiles pour l’appréhender en science politique. Par exemple, parmi les enjeux de discussion qu’il serait intéressant de revisiter, nous vous proposons la liste suivante (non-exhaustive):

  • Inclusion/exclusion, diversité et « vivre-ensemble »
  • Discriminations multiples : racisme, sexisme, capacitisme, LGBTQphobies
  • Participation et citoyenneté
  • Migrations et gouvernance mondiale
  • Reconfiguration des clivages politiques et partisans
  • Lutte contre les inégalités
  • Économie politique internationale
  • Criminalisation/pénalisation
  • Enjeux frontaliers et migratoires
  • Violence politique et sécurité

Le Congrès annuel de la SQSP se tiendra du 22 au 24 mai 2019 à l’Université de Montréal. Les chercheur-e-s de tous les domaines de la science politique ou de disciplines connexes interpellé-e-s par ces questions sont cordialement invité-e-s à s’inscrire à l’événement. Pour envoyer vos propositions, veuillez utiliser la plateforme de FourWaves.

Cette année, vous avez le choix de plusieurs formats de présentations :

  • Ateliers (plusieurs panels)
  • Panels
  • Table-Ronde
  • Communications libres
  • Affiches/posters
  • Ma thèse en 180 secondes
  • Activités artistiques : performance, projection de film, exposition

Prochaines dates importantes

  • 30 novembre 2018 : date limite pour l’envoi des propositions d’ateliers, de panels ou de table-rondes (qui pourront donner lieu à un appel à communications si nécessaire) via la plateforme de FourWaves.
  • 31 janvier 2019: date limite pour l’envoi des propositions d’affiches, de communications libres, et de la composition finale des ateliers, panels et table-rondes.
  • 31 mars 2019: dernière journée pour bénéficier du tarif réduit pour les inscriptions au Congrès #SQSP2019
  • 1er avril au 22 mai 2019 : inscriptions tardives pour le Congrès #SQSP2019
  • 22-24 mai 2019: Congrès annuel de la SQSP à l’Université de Montréal

Pour toute information supplémentaire, veuillez nous écrire à l’adresse suivante : sqsp@uqam.ca

partenaires